La visite de Clarisse - Roger Carter

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La visite de Clarisse

La visite de Clarisse - Roger Carter

J’avais une amie qui devait venir pour le weekend. Nous nous connaissions depuis si longtemps, que je ne comptais plus les années. Pour mon épouse, Clarisse était aussi devenue une amie. Mes enfants la considéraient comme une tante un peu farfelue, même si elle ne faisait pas partie de la famille, c’était tout comme. Pour le mariage de ma sœur, Clarisse avait réussi à attraper le bouquet de la mariée, signe qu’elle se marierait prochainement. Dix années plus tard, elle avait des compagnons, de temps en temps, mais elle n’avait jamais été mariée, et je crois bien qu’elle ne le souhaita jamais. La venue de Clarisse était toujours un moment de joie pour nos enfants. Elle leur rapportait des jouets de pays où elle avait voyagé, des bracelets pour ma fille aînée, des voitures pour le plus jeune. Elle me surprit, comme souvent, en me conseillant, ce soir-là, un planificateur financier.

Nous avons discuté de tout et de rien jusque tard dans la nuit, puis nous sommes allés nous coucher. Au milieu de la nuit, j’entendis du bruit dans la cuisine. La porte de notre chambre étant toujours ouverte, pour entendre si les enfants venaient à nous appeler, je perçus un son de verre brisé qui m’éveilla en sursaut. Je mis un peignoir qui traînait près de mon lit, et je descendis, en essayant de ne pas faire trop de bruit. Ma conjointe dormait à mes côtés, cela ne pouvait pas être elle. Mes enfants étaient trop jeunes pour se lever seuls la nuit. Il ne restait plus que Clarisse. Cette pensée me rasséréna.

Quand je vis le désordre dans la cuisine, je fus très étonné. Mon amie fouillait tous les placards en quête de quelque chose, qu’elle n’avait pas encore trouvé. Je lui signalais ma présence en tapant délicatement sur son épaule ; pour le coup, ce fut elle qui sursauta. Elle parla doucement, et elle me demanda ce que je faisais là. Je lui expliquais que j’avais entendu, évidemment, et elle s’excusa de sa maladresse. Elle avait fait tomber un pot de confitures en cherchant le miel. Ses recherches étaient infructueuses, et elle voulait savoir où je le rangeais. Je poussais deux paquets de céréales, et je lui sortis un pot de miel d’eucalyptus. Elle avait très mal à la gorge et elle prit une grosse cuillère de miel, puis un verre d’eau additionné d’un jus de citron. Nous avons enfin pu aller nous recoucher.