La voiture qui défie le temps et les tendances - Roger Carter

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La voiture qui défie le temps et les tendances

La voiture qui défie le temps et les tendances - Roger Carter

Maman disait toujours qu’il fallait que je finisse mes études. Elle voulait que je devienne médecin, avocat, ou quelque chose de ce genre. Ces trucs ne m’intéressaient pas, et même aujourd’hui, je n’envisage pas passer ma vie dans un bureau, ou au tribunal. Moi, ce que je préfère, ce sont les grosses voitures. Je rêve d’être mécanicien. Si ma mère entendait ça, elle se retournerait dans sa tombe. J’avais un oncle mécanicien, lui aussi, il est décédé. Il m’a offert une petite voiture des années 30, ce n’était pas trop mon genre de voiture, mais bon, il ne fallait pas le choquer. À présent, cette voiture, je ne la vendrais pour rien au monde, je m’en suis occupé, et j’ai dépensé une fortune, pour la remettre sur route. Bon, je la décris : une petite voiture verte, des ailerons et des pare-chocs en acier. L’intérieur est confortable, et digne des plus grandes voitures de luxe, avec un cuir qui sent le luxe. Un aspect qui me fait même penser à notre maison à la campagne. Bref, le tuning est monnaie courante chez nous, les jeunes du quartier, et les moins jeunes comme moi, ne ratons pas une occasion de nous réunir pour une course, ou pour faire la fête. Bien sûr, les courses sont interdites, mais en fait, ce n’est pas vraiment des courses. On pourrait plutôt appeler ça, des parades. Une fois, je me suis retrouvé au volant d’une belle sportive italienne, une vraie bête ! Comparée à une femme, on aurait dit qu’elle avait subi une transformation, un peu comme une femme qui sort de la clinique après une injection de botox Montréal. J’étais si fier de me promener devant mes amis, confortablement assis dans ce bijou. Ensuite, après ces heures d’adrénaline, place à la fiesta. Il nous arrive, dans ce cas, de faire appel aux gens des villages qu’on visite pour exposer nos beaux engins pour l’occasion.  Un jour, pendant une de ces petites fêtes, un homme âgé s’approcha de ma voiture. Étonné, il a demandé de voir le propriétaire. Il disait que cette « topolino », j’imagine que c’est comme ça qu’on l’avait appelé à une époque, lui rappelait de bons souvenirs. À ce qu’il paraît, son père en avait une, que c’était la bonne époque. Je lui ai laissé conduire mon petit bijou, des larmes lui coulaient sur les joues. De mon côté, ça m’a ému, et c’est à partir de ce moment, que j’ai eu un lien encore plus fort avec cette voiture.