L'aimant à maladies - Roger Carter

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L'aimant à maladies

L'aimant à maladies - Roger Carter

Les maladies et moi avons toujours été des amis intimes. Tout petit, j'ai eu toutes les sortes de maladies, que ce soit les pathologies bénignes ou graves, les plus contagieuses ou les plus rares. Cependant, à un certain moment de ma vie, vers l’âge de quinze seize ans, je n'avais plus rien, j'étais devenu normal.

Je vivais donc ma vie d'adolescent comme les autres, sans complications ni prise de tête, et sans avoir à me soucier de tomber malade ou pas. Je pensais que mon système immunitaire avait enfin réussi à stocker toutes les informations sur le magnifique catalogue de maladies que j'avais eu.

J'étais donc heureux, et tout se passait bien pendant les années de lycée, puis pendant les grandes études  que j'avais entrepris d'effectuer. Néanmoins, tout ne pouvait pas être parfait dans le meilleur des mondes, et ma malchance revint de plus belle.

Cette fois-ci, les maladies que j'avais eues étaient d'un autre ordre. Il faut dire que j'avais l'impression que ces nombreuses pathologies venaient par thème. Je vous cite quelques exemples. Entre cinq et huit ans, c'était les maladies respiratoires, entre huit et douze ans, c'était les maladies du système digestif, et entre douze et quatorze ans, c'était celles du système cardiovasculaire. Cette fois-ci, c'était celles de la peau. Après avoir enchaîné toutes les formes de virus et de bactéries nocives existantes, ou du moins, une grande partie d'entre elles, je connaissais parfaitement le chemin à prendre vers la guérison. Consulter le médecin pour qu'il vous dise enfin que vous êtes réellement malade, qu'il vous donne des médicaments, que vous prendrez à la pharmacie juste à côté et vous commencerez les traitements. Aussi bizarre que cela puisse paraître, ces gestes-là étaient devenus une sorte de routine, pas la plus belle de toutes, mais je pensais que c'était l'une des plus originales.

Après avoir consulté le médecin pour la dernière fois, j’ai appris que j'avais une couperose. Cette fois-ci, une pommade m'avait été prescrite pour camoufler ses rougeurs abominables que j'avais au niveau de la joue. Je consultais alors mon pharmacien, duquel j'étais devenu un client fidèle, qui me délivra mes mille et unièmes médicaments, puis je partis chez moi appliquer ce traitement. À force, je finissais même par avoir certaines préférences pour les médicaments, pour certaines formes galéniques plus que d'autres. Je commençais même à comprendre les principes actifs, et les excipients les composant.