L'art de faire une bonne affaire en art - Roger Carter

Mon blogue

L'art de faire une bonne affaire en art

Sans l’aide de Victor, qui m’a aussi recommandé une compagnie spécialisée en colmatage de fissure MontrĂ©al, je n’aurais jamais trouvé cette boutique fantastique. Comme je suis un admirateur des beaux meubles et des objets anciens, j’aime partir à leur découverte chez les antiquaires. C’est celui que mon ami Victor m’a présenté récemment qui a mon admiration totale. Tout ce qu’il vend est beau et raffiné. L’élégance d’un service en argent, dont le thème est la plume de paon, les couleurs fanées d’un service à thé anglais, la grâce d’un fauteuil aux accoudoirs rebondis, tout me touche d’une certaine façon. C’est, pour moi, comme une aventure à chaque fois que je rentre dans ce capharnaüm. Monsieur Dépoque a un nom bien trouvé. Je pensais que son patronyme était un jeu de mots, il n’en est rien. Le plus drôle, c’est qu’il semble être sorti d’un roman de Dickens. Il a de gros favoris, épais et fournis, et des tenues désuètes.

Bien entendu, il doit jouer un personnage. Cependant, je l’ai déjà croisé en dehors de ses heures de travail et il était habillé pareillement. Je suis sûr qu’il doit avoir un stock impressionnant de vestes, de cravates et de gilets en soie. Il porte aussi uniquement des pantalons en toile de coton ou de laine et des chaussettes en fil d’écosse ou en soie dépassent de ses souliers. Hiver comme été, il a les mêmes chaussures et ce modèle ne doit plus être fabriqué que par des cordonniers. Il porte, pendant les grands froids, une longue veste doublée de fourrure, au col fourré imposant, et un bonnet assorti. La saison estivale le voit en chemise, sans veste, mais toujours avec son gilet. Une montre à gousset y est glissée, dans la poche de gauche. 

Un peu excentrique, le bonhomme n’en est pas moins un excellent vendeur. Il possède des artefacts rares dans sa boutique, et il en connaît parfaitement leur valeur. Quand j’ai eu cette magnifique lampe Daum, j’étais si satisfait de cet achat que je n’ai même pas pris la peine d’en regarder le montant. C’est en regardant mon relevé de compte que j’ai eu la surprise de découvrir combien elle m’avait coûté. J’ai fait quelques recherches sur Internet pour en vérifier la cotation actuelle sur le marché des antiquités. Elle était estimée au double de ce que je l’avais payé. Ce n’était donc pas une mauvaise affaire, loin de là.