Quelques jours à la campagne - Roger Carter

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Quelques jours à la campagne

Quelques jours à la campagne - Roger Carter

J’ai adoré passer quelques jours chez des amis, qui habitent à la campagne. Ils sont très bien organisés et Cécile est devenue la reine du rangement. Je la connais depuis que je suis en âge de parler. Nos parents sont amis, et nous nous voyons toujours avec le même plaisir. Elle m’avait déjà convié plusieurs fois dans sa nouvelle demeure, mais les années sont passées si vite, et elle en était déjà à sa troisième année dans cette maison quand je suis, enfin, passé la voir. Avec son conjoint, ils n’ont pas encore d’enfant. Leur vaste habitation est splendide et je ne me lassais pas de contempler l’architecture originale de ce lieu. Pour m’évader un peu et profiter de l’air sain, je me suis promené chaque jour. La cour est bordée d’une haie diversifiée de troènes, de charmes et de noisetiers, tous taillés. Des massifs délimitent des zones, en créant une impression de labyrinthe.

Alors que mes pas me menaient vers une sculpture en pierre, un cerf à la ramure superbe, j’entendis la sonnerie de mon téléphone retentir. Anne-Lise m’envoyait un message pour me prévenir qu’elle avait enfin obtenu un emploi d infirmière. J’étais heureux pour elle, car je sais qu’elle avait eu d’excellents résultats et qu’elle méritait de travailler rapidement. Je lui ai envoyé mes félicitations, et j’ai remarqué que je me trouvais dans une section du jardin que je n’avais pas encore explorée. De même, je n’avais pas remarqué, de la maison, ces hauts sapins qui se dressaient tout autour de moi. En consultant le message de ma cousine, j’avais marché au hasard et je ne retrouvais plus aucun point de repère. En résumé, comme je m’en aperçus bien vite, j’étais perdu.

Le soir et la fraîcheur ne tardèrent pas à tomber. Les arbres étaient si serrés que je n’apercevais pas la lueur du soleil couchant. Je m’apprêtais à appeler mes amis quand j’entendis une voix féminine, lointaine, qui prononçait mon prénom. Guidé par ce son, je parvins à retrouver Cécile. Elle s’inquiétait de mon absence prolongée. Elle me guida jusqu’à sa maison. Réchauffé par un bol de soupe et un feu bienfaisant, je lui ai demandé si j’avais été absent pendant longtemps. Elle m’assura que j’étais parti dans le milieu de l’après-midi et que nous étions revenus vers dix heures du soir. J’eus beaucoup de mal à la croire. Pour m’assurer de ce qu’elle avançait, j’ai vérifié l’heure à laquelle j’avais consulté le message de ma cousine, et quinze heures trente-et-une s’affichèrent.