Seul pour les musées - Roger Carter

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Seul pour les musées

Seul pour les musées - Roger Carter

Ma première impression, quand je suis revenu de cette exposition sur les kimonos, c’était que leur diversité était incroyable. J’avais vu des paysages peints avec une finesse extraordinaire. Je les imaginais réels, je me promenais dans les bambous et sur la montagne enneigée. Le tissage simple était mis en valeur par des couleurs merveilleuses. Leur recherche était un art. Les motifs incorporés dans le tissu pouvaient être très compliqués. Le conservateur du musée avait disposé des loupes pour que les fibres soient visibles sous un grossissement particulier. Cet effet donnait une vision plus précise du travail des tisserands. C’était si beau que je me suis laissé aller à leur contemplation pendant plus de deux heures. Je m’étais engagé auprès de Robert à l’emmener voir sa sœur. Mon oncle, qui a eu quatre-vingt-dix ans, il y a trois mois et qui est, en réalité, celui de ma mère, aime converser avec la plus jeune de sa fratrie, composée de huit personnes.

Elle a un condo en Mauricie, et elle doit justement contacter une entreprise de remplacement toiture Saint-Eustache pour y faire faire des travaux. Quand j’ai vu que je serais en retard, j’ai appelé un taxi pour Robert. Je sais que ces rencontres sont importantes pour lui et je ne voulais pas que ma distraction l’empêche de vivre un moment agréable avec un membre de sa famille. J’ai appelé mon oncle pour qu’il soit prêt lorsque le chauffeur serait devant chez lui. Il me répondit qu’il se préparait et qu’il sortait pour attendre le véhicule qui l’emmènerait voir Jocelyne. J’ai flâné en ville, puisque je n’avais personne qui m’attendait chez moi. Ma conjointe avait pris quelques jours de repos, qu’elle passait chez sa meilleure amie. J’ai pris quelques mets à emporter chez un traiteur italien. J’adore ses lasagnes et le tiramisu, fait par sa mère, est un délice.

Je n’ai pas vu que mon chat était sorti. J’ai fermé toutes les portes et les fenêtres de la maison, sans me soucier de lui. Il se manifesta, vers neuf heures du soir, par des miaulements graves, une caractéristique qui m’a toujours étonné. Ce mâle d’environ neuf ans a une voix de ténor, connue par tous nos voisins. Cette technique, bien éprouvée, de m’appeler avec ce cri alarmant, m’a immédiatement fait quitter mon confortable fauteuil. J’ai ouvert à l’animal, qui sans même un regard pour moi, s’est précipité vers son bol. Il a, bruyamment, mangé quelques croquettes, puis il s’est installé sur le fauteuil, que j’avais momentanément quitté pour me préparer un café.